# Comment choisir son imprimante 3D pour figurine et obtenir des résultats époustouflants
L’univers de l’impression 3D a radicalement transformé la manière dont les passionnés de figurines abordent leur hobby. Que vous soyez un joueur de wargames, un collectionneur exigeant ou un peintre méticuleux, disposer d’une imprimante adaptée ouvre des possibilités créatives infinies. La production de miniatures détaillées nécessite une compréhension approfondie des technologies disponibles, des matériaux appropriés et des techniques de post-traitement. Le marché propose aujourd’hui une gamme étendue d’équipements, allant des modèles d’entrée de gamme aux machines semi-professionnelles capables de rivaliser avec les productions industrielles. Choisir l’imprimante idéale pour vos projets implique d’analyser plusieurs critères techniques essentiels : la résolution d’impression, le volume de fabrication, la compatibilité des matériaux et la facilité d’utilisation au quotidien.
Technologies de fabrication additive : résine SLA vs FDM pour miniatures
La première décision cruciale lors de l’acquisition d’une imprimante destinée aux figurines concerne le choix de la technologie de fabrication. Les deux procédés dominants présentent des caractéristiques radicalement différentes qui influencent directement la qualité finale de vos miniatures. La stéréolithographie (SLA) et ses variantes modernes utilisent un laser ou un écran LCD pour polymériser sélectivement une résine photosensible, créant des couches d’une finesse exceptionnelle. À l’inverse, la modélisation par dépôt de fil fondu (FDM) extrude un filament thermoplastique à travers une buse chauffée, construisant l’objet par accumulation de matière. Pour des figurines de 28mm à 75mm, la résolution devient un facteur déterminant : là où une imprimante FDM standard affiche une précision de 100 à 400 microns, les systèmes à résine atteignent régulièrement 25 à 50 microns. Cette différence se traduit par une netteté incomparable des détails faciaux, des textures de vêtements et des ornements complexes.
Imprimantes résine LCD et MSLA : anycubic photon mono X et elegoo saturn
Les imprimantes utilisant la technologie MSLA (Masked Stereolithography Apparatus) représentent aujourd’hui le meilleur compromis entre qualité et accessibilité pour la production de figurines. Ces machines emploient un écran LCD monochrome qui masque sélectivement la lumière UV émise par une matrice de LED, polymérisant ainsi une couche complète de résine en quelques secondes. L’Anycubic Photon Mono X illustre parfaitement cette approche avec son écran 4K monochrome de 8,9 pouces offrant une résolution XY de 50 microns. Son volume d’impression de 192 × 120 × 245 mm permet de produire simultanément plusieurs figurines ou des pièces de grande taille. L’Elegoo Saturn, avec son écran 4K de 8,9 pouces et sa résolution de 50 microns, propose des caractéristiques similaires tout en bénéficiant d’un système de nivellement simplifié et d’une interface utilisateur particulièrement intuitive. Ces deux modèles incarnent la génération actuelle d’imprimantes résine domestiques capables de produire des miniatures d’une qualité professionnelle à un tarif accessible.
Procédé DLP et projecteurs LED : précision micrométrique pour détails fins
La technologie DLP (Digital Light Processing) constitue une alternative haut de gamme pour les utilisateurs recherchant la précision absolue. Contra
airement aux systèmes MSLA, le DLP utilise un projecteur numérique qui affiche l’image de chaque couche sur un miroir puis sur la surface de résine. Chaque pixel du projecteur correspond directement à un « voxel » dans votre figurine, ce qui assure une homogénéité d’exposition remarquable sur toute la surface du plateau. Les imprimantes DLP modernes atteignent couramment des résolutions XY inférieures à 40 microns, avec une netteté accrue dans les coins et bords des modèles. Cette précision micrométrique est particulièrement appréciée pour les figurines de 28 mm à forte densité de détails, comme les visages expressifs, les inscriptions runiques ou les textures organiques très fines. En contrepartie, les machines DLP restent plus onéreuses et proposent souvent des volumes d’impression légèrement inférieurs à ceux des grandes MSLA grand public.
Pour un peintre de figurines, la différence entre MSLA et DLP se perçoit surtout au niveau de la netteté des arêtes et de la régularité des micro-détails après sous-couche. Là où un écran LCD peut montrer un très léger « grain » lié aux pixels, le DLP offre un rendu plus homogène, comparable à un master de moulage professionnel. Cependant, cette supériorité devient réellement visible surtout si vous travaillez en gros plan ou si vous réalisez des masters destinés à être moulés. Pour un usage hobby classique, une bonne MSLA comme la Photon Mono X ou l’Elegoo Saturn fournit déjà un niveau de détail largement suffisant, avec un coût d’entrée et de maintenance plus raisonnable.
Technologie FDM haute résolution : buses 0.2mm et filaments spécialisés
Si la résine domine pour la figurine de 28 à 54 mm, la technologie FDM haute résolution reste une option crédible, notamment pour les bustes, les statues de 75 mm et plus, ou les éléments de décor. Les imprimantes FDM modernes, équipées de buses de 0,2 mm et de systèmes d’extrusion direct drive précis, permettent de descendre à des hauteurs de couche de 0,08 à 0,12 mm. Combiné à un filament de qualité, cela suffit pour obtenir des figurines imprimées en 3D avec des détails corrects et des surfaces qui se prêtent bien au ponçage et à l’apprêt. L’avantage du FDM réside également dans la robustesse des pièces : une figurine en PLA+ ou PETG sera généralement plus résistante aux chocs qu’une figurine résine standard.
Les filaments spécialisés améliorent encore le rendu des figurines FDM. Le PLA « silk » atténue la visibilité des couches grâce à son effet satiné, tandis que des matériaux comme le PVB peuvent être lissés à l’alcool isopropylique pour réduire les stries. Certains fabricants proposent aussi des PLA mats qui diffusent mieux la lumière et masquent partiellement les lignes de couches, un atout appréciable avant peinture. Bien entendu, cette quête de qualité a un prix : vitesse d’impression réduite, besoin d’un refroidissement bien maîtrisé et d’un châssis rigide pour éviter toute vibration. Pour des figurines fissurées ou des décollements de couches, quelques dixièmes de millimètre de jeu mécanique suffisent à ruiner le résultat.
Comparaison de la résolution XY et hauteur de couche minimale
Pour choisir une imprimante 3D pour figurines, il est crucial de distinguer deux notions : la résolution XY et la hauteur de couche minimale (axe Z). La résolution XY correspond à la taille d’un pixel (résine) ou au plus petit déplacement du chariot (FDM) dans le plan horizontal. C’est elle qui détermine la finesse des détails latéraux : plis de vêtement, gravures, bords de pièces d’armure. En résine, une bonne machine pour figurines se situe sous les 50 microns en XY, certaines descendront autour de 35 microns voire moins. En FDM, même une machine très bien réglée peine à rivaliser, avec une précision réelle souvent comprise entre 80 et 150 microns.
La hauteur de couche, elle, correspond à l’épaisseur de chaque strate déposée ou polymérisée verticalement. Plus elle est fine (0,025 mm en résine, 0,08 mm en FDM haute résolution), plus les courbes et pentes apparaissent lisses, avec moins d’effet « escalier ». Toutefois, descendre trop bas en hauteur de couche augmente fortement le temps d’impression sans forcément apporter un gain visible significatif, surtout sur des figurines de jeu de 28 à 32 mm. Pour un résultat équilibré, de nombreux créateurs optent pour 50 microns en résine et 0,12 à 0,16 mm en FDM, réservant les couches ultra-fines aux pièces vitrines ou aux bustes de présentation.
Résolution d’impression et qualité de surface pour figurines 28-75mm
Entre une figurine de jeu manipulée chaque semaine et un buste de vitrine examiné à la loupe, les attentes ne sont pas les mêmes. C’est pourquoi il est utile de raisonner en fonction de l’échelle et de la distance de vision. Pour une figurine de 28 mm posée sur une table de jeu, l’œil humain perçoit surtout les volumes, les contrastes de peinture et la cohérence des détails principaux. En revanche, sur une figurine de 75 mm ou un buste de 1/10, chaque imperfection de surface devient immédiatement visible, en particulier après application d’un apprêt et de lavis foncés. Adapter la résolution d’impression à l’usage final permet de gagner du temps sans sacrifier la qualité perçue.
Hauteur de couche optimale : 25 microns vs 50 microns en résine
La tentation est grande, avec une imprimante résine, de systématiquement imprimer à 25 microns pour les figurines. Dans la pratique, 50 microns suffisent largement pour la majorité des miniatures de 28 à 54 mm. À cette résolution, les lignes de couche deviennent quasiment invisibles après une fine sous-couche et quelques couches de peinture acrylique. Passer à 25 microns double presque le temps d’impression, tout en apportant un gain qui ne sera réellement perceptible qu’en macro-photographie ou sur des pièces d’exposition très lisses (visages, surfaces organiques étendues).
Une bonne approche consiste à réserver les 25 microns aux projets les plus exigeants : bustes de 75 mm, figurines de concours ou pièces destinées au moulage. Pour le reste, 50 microns constituent un excellent compromis entre vitesse et qualité. Vous pouvez aussi ajuster la hauteur de couche selon les zones : certains slicers avancés permettent d’utiliser des couches plus fines dans les zones très détaillées (visage, mains) et plus épaisses sur les grandes surfaces (capes, socles). C’est un peu comme choisir le bon pinceau pour chaque étape : inutile de peindre un socle texturé avec un pinceau 5/0 réservé aux yeux.
Antialiasing et lissage des courbes sur écrans 4K et 8K
Avec la montée en puissance des imprimantes résine 4K, 8K voire 12K, une nouvelle problématique est apparue : comment exploiter réellement cette finesse théorique ? L’antialiasing logiciel répond en partie à cette question. Ce procédé consiste à moduler l’intensité lumineuse de chaque pixel pour atténuer les effets de « marches d’escalier » sur les diagonales et courbes. Concrètement, cela se traduit par des surfaces plus douces et des courbes moins « pixélisées », notamment sur les arrondis d’armures, les visages ou les capes.
Cependant, tous les algorithmes d’antialiasing ne se valent pas. Un réglage excessif peut conduire à un léger flou des détails les plus fins, comme si l’on passait un filtre de lissage sur la figurine. L’idéal est de réaliser quelques tests avec différentes intensités d’antialiasing sur un même fichier STL et de comparer les résultats sous-couchés. Sur un écran 8K de taille moyenne (7 à 9 pouces), une résolution XY autour de 22 microns associée à un antialiasing modéré donne généralement un rendu quasi parfait pour des figurines de 28 à 54 mm. Au-delà, c’est surtout votre technique de peinture qui fera la différence.
Post-traitement : ponçage, apprêt et élimination des lignes de couche
Même avec la meilleure imprimante 3D pour figurines, le post-traitement reste une étape incontournable pour obtenir un rendu digne d’un kit de collection. En résine, l’objectif principal est de supprimer proprement les points de contact des supports et d’éventuelles micro-bavures. Un ponçage léger avec des abrasifs fins (600 à 1000) suffit souvent, complété au besoin par un mastic de modélisme sur les défauts plus marqués. Appliquez ensuite un apprêt acrylique adapté à la résine, en fines couches, pour révéler les éventuels défauts restants avant d’entamer la peinture.
En FDM, le post-traitement devient plus structurant, puisqu’il doit gommer les lignes de couches les plus visibles. Un premier ponçage à sec ou à l’eau, en progressant de 220 vers 600 voire 800, permet de lisser les grandes surfaces. L’utilisation d’un apprêt garnissant en bombe ou à l’aérographe, parfois suivi d’un second ponçage, aide à uniformiser la texture. Sur certaines pièces, un mastic de carrosserie ou un mastic acrylique fin peut être appliqué pour combler les stries les plus marquées. Là encore, pensez à l’analogie avec la peinture : plus la « toile » est propre et homogène, plus vos glacis, lavis et éclaircissements seront mis en valeur.
Résines photopolymères : ABS-Like, standard et résines lavables à l’eau
Le choix de la résine influe autant sur la qualité de vos figurines que le choix de l’imprimante elle-même. Rigidité, fragilité, facilité de post-traitement, rendu de surface : chaque famille de résines présente des caractéristiques spécifiques. Pour la figurine, trois grandes catégories dominent : les résines standards, les résines ABS-Like (dites « tough ») et les résines lavables à l’eau. Chacune répond à un compromis différent entre finesse de détail, résistance mécanique et confort d’utilisation au quotidien.
Résines anycubic craft, elegoo ABS-Like pro et siraya tech fast
Les résines standards, comme l’Anycubic Craft ou l’Elegoo Standard, offrent une excellente finesse de détail et une bonne fluidité, ce qui facilite le drainage des supports et la réussite des impressions complexes. Elles sont idéales pour les figurines de collection ou de vitrine, mais restent relativement cassantes, surtout sur les parties fines comme les lances ou les bannières. Les résines ABS-Like, à l’image de l’Elegoo ABS-Like Pro ou de la Siraya Tech Blu, visent à améliorer ce point en apportant davantage de flexibilité et de résistance aux chocs, tout en conservant un niveau de détail très élevé.
La Siraya Tech Fast illustre une autre approche : optimiser la vitesse d’impression sans sacrifier la précision. Cette résine polymérise rapidement, ce qui permet de réduire les temps d’exposition et d’accélérer les productions en série. Elle est particulièrement appréciée des vendeurs de figurines imprimées et des studios qui sortent régulièrement de gros volumes de miniatures. Comme toujours, le choix de la résine doit être cohérent avec votre usage : pour des figurines de jeu manipulées chaque semaine, une ABS-Like sera souvent plus judicieuse qu’une résine standard ultra-rigide, même si cette dernière offre un rendu légèrement plus « net ».
Durcissement UV et temps d’exposition : calibration par test RERF
Obtenir des figurines propres, sans sur- ou sous-exposition, passe par une bonne calibration des temps d’exposition dans votre slicer. Beaucoup de débutants se contentent des valeurs par défaut, alors qu’une simple série de tests peut transformer radicalement la qualité des impressions. Le fichier RERF (Resin Exposure Range Finder), proposé par plusieurs fabricants, permet d’imprimer une seule plaque contenant plusieurs zones exposées différemment. En observant la netteté des détails, la présence de bavures et la solidité des petites sections, vous pouvez déterminer le temps optimal pour une combinaison donnée imprimante / résine / température ambiante.
Le durcissement UV après impression mérite la même attention. Une exposition trop courte laisse la surface légèrement collante et fragilise la figurine dans le temps. À l’inverse, un sur-durcissement excessif peut rendre la résine cassante, comme un plastique trop sec. L’idéal est de respecter les recommandations du fabricant (souvent entre 2 et 5 minutes par face dans une station wash & cure) et d’ajuster en fonction de l’épaisseur moyenne de vos pièces. Pensez à retourner régulièrement les figurines pour garantir un durcissement homogène, en particulier sur les socles et les zones peu exposées à la lumière directe.
Résines grises et opaques pour faciliter la peinture acrylique
Pour la figurine, la couleur de la résine n’est pas qu’une question esthétique : elle influe directement sur le confort de peinture. Les résines grises opaques sont devenues la norme pour le hobby, car elles offrent un excellent contraste sous la lumière, révélant bien les volumes et les détails avant même l’apprêt. Elles se comportent un peu comme une sous-couche grise neutre, facilitant l’évaluation des ombres et lumières. Les résines blanches ou translucides, en revanche, rendent plus difficile la lecture des formes et peuvent laisser passer la lumière, ce qui complique le contrôle visuel des défauts de surface.
Si vous utilisez régulièrement des techniques comme le zénithal ou l’OSL (Object Source Lighting), une base grise légèrement mate permettra à vos couches de peinture acrylique de mieux se fixer et de se comporter de manière prévisible. Certaines marques proposent même des résines spécialement formulées pour la peinture, avec une micro-texture de surface très légèrement « accrochante ». Celles-ci évitent l’effet trop lisse qui peut parfois poser problème sur certaines résines standard, notamment avec des peintures très diluées ou des encres.
Toxicité, ventilation et équipement de protection individuelle
Les résines photopolymères restent des produits chimiques réactifs, à manipuler avec précaution. Avant de choisir votre imprimante 3D pour figurines, assurez-vous de disposer d’un espace de travail correctement ventilé, idéalement une pièce dédiée ou au minimum un local qui peut être régulièrement aéré. Même les résines dites « low odor » émettent des composés organiques volatils (COV) pendant l’impression et le durcissement, susceptibles de provoquer des irritations ou des maux de tête en cas d’exposition prolongée.
Le port de gants nitrile est indispensable lors de la manipulation de résine liquide, de pièces non lavées et du nettoyage du bac. Des lunettes de protection sont également recommandées, en particulier lorsque vous versez ou filtrez la résine. Évitez à tout prix le contact prolongé avec la peau : les sensibilisations cutanées peuvent apparaître progressivement et devenir irréversibles. Enfin, ne jetez jamais la résine liquide ou les lingettes imbibées dans les canalisations : laissez-les durcir sous UV (lumière du soleil ou lampe) avant de les évacuer avec les déchets ménagers, conformément à la réglementation locale.
Paramètres de slicing critiques dans ChiTuBox et lychee slicer
Une imprimante et une résine de qualité ne suffisent pas à garantir de belles figurines : le « slicing » joue un rôle tout aussi déterminant. Des logiciels comme ChiTuBox et Lychee Slicer offrent de nombreux réglages qui, bien maîtrisés, permettent d’optimiser à la fois la qualité et le taux de réussite de vos impressions. Orientation du modèle STL, densité et type de supports, réglages de lift et de retract : chaque paramètre influence la probabilité de réussite, mais aussi la facilité de post-traitement et la propreté des surfaces visibles.
Orientation des modèles STL et minimisation des supports
L’orientation d’une figurine sur le plateau conditionne non seulement la quantité de supports nécessaires, mais aussi l’emplacement des points de contact et la visibilité des lignes de couche. En règle générale, on évite d’imprimer une figurine debout à 90° : une légère inclinaison entre 30 et 45° permet de répartir les surplombs et de réduire la surface de chaque section en cours de levage. Cela diminue la force d’adhérence entre la résine et le film FEP, limitant les risques de décollement et de déformation.
Pour les figurines de 28 à 54 mm, une bonne pratique consiste à orienter le visage et les zones très détaillées de manière à éviter les supports directement sur ces surfaces. Vous pouvez par exemple incliner légèrement la tête ou le torse pour placer les points d’ancrage sur l’arrière de la cape, le dessous des bras ou la plante des pieds. Lychee Slicer et ChiTuBox proposent des outils d’aperçu très pratiques pour visualiser rapidement les zones nécessitant des supports, ce qui permet de corriger l’orientation avant de générer la structure d’appui.
Densité de supports : light, medium et heavy pour surplombs complexes
Le paramétrage des supports est souvent l’étape qui effraie le plus les débutants, alors qu’une approche méthodique permet rapidement d’obtenir des résultats fiables. La plupart des slicers distinguent plusieurs types de supports : light pour les petites sections et détails fins, medium pour les zones intermédiaires, et heavy pour les masses plus importantes (socles, grosses capes, armes volumineuses). Utiliser uniquement des supports lourds augmente le risque de marques profondes et complique le retrait ; à l’inverse, une structure trop légère favorisera les échecs partiels.
Une stratégie efficace consiste à combiner ces trois niveaux. Placez des supports heavy sur les premiers points de contact critiques (pieds, base du manteau, grande aile), puis prolongez la structure avec des supports medium et light vers les zones les plus fines. Réglez la taille de pointe (tip) et la longueur des supports pour qu’ils se détachent facilement après impression, sans arracher de matière. N’hésitez pas à profiter des fonctions de prévisualisation couche par couche pour vérifier que chaque îlot de résine (partie flottante) est correctement relié à un support ; un seul oubli peut suffire à générer un échec ou des morceaux de résine durcie au fond du bac.
Rafts, bases et paramètres de levelling pour adhésion optimale
Le raft (ou base) joue un rôle clé dans l’adhésion au plateau, en particulier pour les impressions longues et les figurines hautes. Une base trop fine ou trop petite peut se décoller en cours de route, entraînant la perte de toute la série de figurines. À l’inverse, un raft surdimensionné consomme plus de résine et rallonge le temps de retrait des pièces. Les profils par défaut de ChiTuBox et Lychee Slicer constituent un bon point de départ, mais il est souvent utile d’augmenter légèrement l’épaisseur et la largeur de la base pour les figurines de grande taille ou les résines plus fragiles.
Les paramètres de bottom layers (couches de base) et leur temps d’exposition sont également déterminants. La plupart des utilisateurs travaillent avec 4 à 8 couches de base fortement exposées, afin de garantir une accroche solide entre le raft et le plateau. Si vous constatez des décollements réguliers, vous pouvez augmenter d’une ou deux couches, ou prolonger le temps d’exposition des premières couches de quelques secondes. Enfin, assurez-vous que le nivellement du plateau (levelling) est parfaitement réalisé : un plateau mal réglé équivaut, en figurine 3D, à une sous-couche appliquée sur une surface poussiéreuse.
Workflow complet : du fichier STL à la figurine peinte
Pour obtenir des figurines 3D impeccables, il est utile de structurer son processus de travail, depuis la récupération du fichier STL jusqu’à la dernière couche de vernis. Un workflow clair permet de réduire les erreurs, d’améliorer la répétabilité des résultats et, à terme, de gagner un temps précieux sur chaque projet. Vous pouvez le voir comme une chaîne de production miniature, où chaque maillon (préparation du fichier, impression, nettoyage, post-traitement, peinture) conditionne la qualité du maillon suivant.
Le point de départ est la sélection ou la création du fichier STL. Assurez-vous que le modèle est adapté à l’impression résine : parois suffisamment épaisses, absence de géométrie non manifolde, éventuels évidements prévus pour limiter la consommation de résine. Des logiciels comme Meshmixer, Blender ou des outils de réparation intégrés dans les slicers permettent de corriger la plupart des problèmes courants. Une fois le fichier validé, importez-le dans votre slicer, orientez-le intelligemment, générez les supports et vérifiez l’aperçu couche par couche pour détecter les incohérences.
Après impression, la phase de nettoyage (lavage à l’IPA ou à l’eau selon la résine) doit être réalisée sans précipitation. Un double bain, avec un premier rinçage grossier puis un second plus soigné, garantit l’élimination des résidus de résine liquide dans les creux et recoins. Profitez de cette étape pour inspecter les pièces, repérer d’éventuels défauts ou bulles et décider du moment optimal pour retirer les supports (souvent avant durcissement complet, lorsque la résine est encore légèrement souple). Le passage en station UV vient ensuite stabiliser la figurine, la rendant prête pour le ponçage et l’apprêt.
La préparation de surface et la sous-couche constituent le pont entre impression 3D et peinture de figurine traditionnelle. Après avoir éliminé les lignes de supports et les petites imperfections, appliquez un apprêt adapté (en bombe ou à l’aérographe), en plusieurs voiles fins pour ne pas saturer les détails. Une sous-couche zénithale (noir, puis gris et blanc par le haut) peut vous aider à lire les volumes et à guider votre travail de lumière. À partir de là, votre figurine se comporte comme n’importe quel modèle du commerce : couches de base, ombres, éclaircissements, lavis, glacis, pigments… La seule différence, c’est que vous avez contrôlé chaque étape de sa création.
Budget et gammes d’imprimantes : creality Halot-One vs phrozen sonic mega 8K
Reste une question essentielle : quel budget consacrer à votre imprimante 3D pour figurines, et vers quelle gamme vous tourner ? Comme souvent, tout dépend de vos objectifs. Souhaitez-vous simplement produire quelques figurines de jeu de temps à autre, ou envisagez-vous de lancer une petite activité de vente de miniatures imprimées ? Entre une Creality Halot-One d’entrée de gamme et une Phrozen Sonic Mega 8K orientée production, l’écart de prix se justifie par le volume d’impression, la résolution, la robustesse mécanique et le niveau d’automatisation.
La Creality Halot-One (et ses déclinaisons plus récentes) représente une excellente porte d’entrée pour qui veut découvrir l’impression résine de figurines sans exploser son budget. Son écran LCD de petite taille offre une résolution XY fine, suffisante pour des figurines 28-54 mm très détaillées, et son volume modeste limite la consommation de résine en cas d’erreur. Pour un peintre ou un joueur qui imprime quelques pièces par mois, c’est un choix cohérent, d’autant plus qu’elle s’accompagne souvent de profils prédéfinis et d’une communauté active.
À l’autre extrémité du spectre, la Phrozen Sonic Mega 8K s’adresse clairement aux utilisateurs intensifs et aux studios. Son vaste plateau permet d’imprimer des plateaux entiers de figurines en une seule passe ou de grandes pièces (bustes, dioramas, monstres massifs) sans découpe. L’écran 8K de grande diagonale assure une résolution XY très fine sur une large surface, ce qui est idéal pour produire en série des figurines imprimées en 3D avec une qualité constante. En contrepartie, l’investissement initial est nettement plus élevé, tout comme la consommation de résine à chaque tirage.
Entre ces deux extrêmes, de nombreuses options intermédiaires existent : Elegoo Saturn 3, Anycubic Photon Mono M7, Phrozen Sonic Mini 8K, etc. Une bonne règle consiste à déterminer d’abord votre volume d’utilisation annuel (nombre de figurines, taille des projets, fréquence d’impression), puis à choisir la machine dont le volume d’impression couvre confortablement vos besoins, sans tomber dans l’excès. N’oubliez pas non plus d’inclure au budget la station wash & cure, quelques litres de résine, les consommables (gants, IPA, filtres, films FEP) et, éventuellement, un stock de figurines de test pour affiner vos réglages sans gaspiller vos meilleurs fichiers.